Aline Pillenière, APi SCULPTEURE


Comme l'érosion façonne le monde, cette artiste aime prendre le temps de donner vie à ses sculptures. Aline Pillenière affectionne particulièrement la forme et travaille beaucoup à l'instinct : chercher l'unité et l'harmonie entre courbes, volumes, vides, ombres, rythmes, tensions, jusqu'à trouver l'émotion. C'est en explorant qu'elle trouve ce qu'elle cherche.
Le dessin, le modelage l'ont accompagné de nombreuses années. En 2005, elle découvre la sculpture sur bois, très rapidement elle comprends que c'est à cet endroit qu'elle se sens exister : face à la présence, l'engagement et au défi qu'exige la taille directe.
Sa relation étroite et profonde avec le vivant et le monde naturel reflète son désir d'introspection, de dépassement, et de connexion avec ses contemporains pour nourrir son art. Cette inlassable quête la guide vers des sculpteurs tels qu'Henry Moore, Wang Keping, Barbara Hepworth, Parvine Curie, Aristide Maillol, Georg Baselitz, parmi tant d'autres.
Aline a eu besoin d'acquérir d'autres techniques de travail afin d'élargir son champ créatif. Elle décide alors de suivre une formation et a ainsi obtenu en juin 2025 un CAP d'ébéniste au lycée professionnel de Thiviers (24).
La sculpture en taille directe est avant tout une rencontre. Celle d'un duo ou duel avec la matière bois. Cette artiste attache de I’importance aux liens des heureux offrants et de ces rencontres, faites d’anecdotes : don du bois coupé, tombé, parfois même celle d’un arbre condamné. « Ma première tentative est d’offrir une nouvelle vie sous un regard nouveau, entre l’arrondi et le brut, entre la naïveté et la persévérance. »
Puis c'est la rencontre avec l’individualité de la matière : la découverte savoureuse sous l’écorce, son odeur, sa résistance, sa densité, sa croissance, sa construction, comprendre son histoire… Par la suite, Aline Pillenière se laisse guider, contrainte et envoutée à respecter la structure du sylvestre. Comme une danse, un tango, les mains se déplacent sur le matériau, ôtant le superflu, révélant les teintes, frottant et écorchant pour connaitre son trésor. La relation nait, mettant en valeur la singularité de l’arbre. « J’aime accentuer et révéler des fentes, transformant une brèche en une force distinctive qui reflète en nous la faille, la fragilité, la cicatrice, tout en laissant apparaître les courbes voluptueuses ou les angles abrupts. »
Sous la houle de I’horloge, elle fait face à un paradoxe : celui de ralentir. Comme nombreux artistes de volumes, elle se trouve seule face au temps et au choix. Face à l’indécision, c’est le corps engagé qui amène une danse incessante, tournant autour de l’objet reprenant vie. Travail physique et lien charnel sur une matière noble mais parfois contraignante par ses noeuds ou encore le sens de sa fibre. De cette impulsion et interaction physique intemporelle, la prise de risque est de taille directe, car une fois le bois enlevé, rien ne peut plus revenir en arrière. ll faut alors nous accepter.
Aline Pilleniere, APi
Née à Paris en 1973
PARTENAIRES
REMERCIEMENTS
CREDITS PHOTOS, VIDEOS, SONS
Pôle Expérimental des Métiers d'Art de Nontron Perigord Limousin
Route des Métiers d'Art
Parc Naturel Régional Périgord Limousin
La Maison Des Artistes
Abel Pasquet, Alice De Lachapelle, Aline Pillenière, Benjamin Dominique, Bruno Hoff-Blanc, Thomas Ambroselli, Yacine Synapsas
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