top of page
RAF

À LA CROISÉE DES CHEMINS

À LA CROISÉE DES CHEMINS – A LA CROTZ DAUS CHAMINS

Valorisation de l’itinérance Grande Boucle du Parc, Vaque Veire, par des créateurs Métiers d’Art.
Projet mené par l’IPAMAC, le Parc naturel régional Périgord-Limousin et le Pôle Expérimental des Métiers d’Art de Nontron et du Périgord-Limousin.

Neuf créateurs métiers d’art ont été sélectionnés et ont travaillé collectivement pendant un an, sous la forme d’une résidence de recherche et de création afin de proposer des projets complets présentant les œuvres à installer, dans un second temps, sur le parcours de la Grande Boucle du Parc. Chaque étape de l’itinérance étant dédiée à un personnage emblématique de l’univers occitan, les créateurs ont pu se répartir les thèmes en fonction des affinités avec leurs propres univers, guidés par Jean-François Vignaud de l’Institut d’Études Occitanes du Limousin. Les agents du Parc leur ont présenté les sites choisis pour l’implantation des créations avec leurs spécificités (matériaux, nature des parcelles…) et leur environnement naturel afin de respecter les équilibres locaux (faune, flore, géologie, etc.). Le format en résidence, coordonné par l’équipe du Pôle Expérimental Métiers d’Art, a favorisé l’interaction entre les artistes, l’échange d’idées, de savoir-faire et compétences et l’émergence de collaborations ou de dialogues entre les œuvres.

PARCOURS DE LA GRANDE BOUCLE DU PARC

LA VIEILLE DU PUITS - LA VIELHA DAU POTZ Etape 1 : De Saint-Pierre-De Frugie à Saint-Saud-Lacoussière (26 km) Emplacement de l’œuvre : Saint-Pierre-De-Frugie 24450 sur la place de l’église Nom de l’oeuvre : Miroir d’eau trouble Les créateurs : Aline Pilleniere et Olivier CONSTANTIN, O création Bois - Ebéniste bois brut  aux  Grellières (24310) PRÉSENTATION DU PROJET L’histoire… Sur cette place, à Saint-Pierre-De-Frugie, il y a désormais deux Vieilles du Puits. La première est celle qui hante le fond du puits depuis si longtemps que ses yeux sont rouillés par les années. Attention, ne vous penchez pas trop car elle risquerait de vous attraper avec ses griffes acérées et de vous entraîner avec elle dans les profondeurs. Autrefois, cette légende protégeait les enfants intrépides du danger de l'eau. Aujourd'hui, des grilles protègent l'accès aux puits et cette légende s'est peu à peu estompée…  Une seconde Vieille s'est récemment installée dans le nouveau puits de Saint-Pierre-De-Frugie. Moins effrayante que sa consœur. Elle se joue de vos démons intérieurs les plus sombres, cachés dans les eaux troubles, de ces peurs qui vous protègent mais vous emprisonnent parfois. Seul ou accompagné, osez pénétrer dans ce puits qui invite à la rencontre et à la réflexion. Vous pourrez vous y perdre ou vous y retrouver, y déposer des mots, des phrases, des messages, en les gravant au couteau (de Nontron) sur les piliers de bois à l’intérieur. Le reflet de l'eau a été remplacé par celui du miroir.  Rappelez-vous de l'histoire de ce petit garçon qui, en se penchant au puits, voit la Vieille. Après y avoir jeté une hache pour la tuer, il se penche une seconde fois et se rend compte qu'elle a disparu. Fier de lui, il appelle sa maman. Ensemble, ils regardent au fond du puits et y voient deux Vieilles. Qu'ont-ils vraiment vu au fond du puits ? N'est-ce pas leur propre reflet ? Quelle énigme se cache au cœur de ce puits ? L'interrogation demeure et invite le passant à se confronter à ses propres démons. Mais que verrez-vous réellement au fond de ce miroir d'eau trouble ? LE PROJET L'œuvre adapte l’architecture extérieure d'un puits, permettant aux visiteurs d’entrer, de s'abriter, de se ressourcer et de se rencontrer. C’est un espace intime et introspectif.  Elle est composée de 4 grands piliers, chacun constitué de 6 morceaux de bois installés à la manière d'un mur en pierres. Nous utiliserons des troncs d'arbres locaux et résistants (châtaignier, chêne, acacia, cèdre, mélèze, etc.), découpés en rondelles de 50 cm de hauteur et divisés en quatre parts égales. Le bois du cœur sera tourné vers l'extérieur, mettant ainsi en avant le duramen de l'arbre, offrant un majestueux point de vue sur un motif trop souvent caché. Ces piliers agiront comme des portails, invitant les spectateurs à entrer dans l'épicentre de la matière et de la vie. Mettre en avant le cœur du bois est un véritable parti pris. Nous souhaitons valoriser l'essence même du bois et susciter une connexion entre l'Homme et la nature. Le visiteur sera ainsi amené à découvrir la beauté et la richesse de ce matériau ancestral, témoin de l'histoire du vivant. La toiture est une plaque de métal découpée, représentant à la fois les ondulations de l’eau et les cernes du bois. Les découpes symbolisent la grille qui, aujourd’hui, remplace la fonction protectrice de cette légende occitane.  En effet, il n'est plus nécessaire de susciter la peur  du puits chez les enfants. L'effet miroir de cette plaque métallique représente le reflet de l'eau, projetant l'image des visiteurs. Le dispositif les renverra à leur propre reflet, à leurs peurs et les conviera à l’introspection. L'œuvre est interactive : à l’intérieur nous graverons au couteau des mots, des phrases, des dessins, des noms, invitant les visiteurs à y laisser à leur tour, une trace personnelle.  A l’écoute de notre projet, Elise  ravie, nous écrit ce haïku et nous demande de le  graver : "Éclat bouscule - Au fond du puits la vieille - 4 yeux calcinés".

LES SOUFFLACULS - PRADELADA DAUS BUFADORS Etape 2 : De Saint-Saud-Lacoussière à Nontron (21,3 km) Emplacement de l’œuvre : Nontron 24300 au Domaine des Nouailles Nom de l’oeuvre : Le souffle du carnaval  Les créateurs : Aline Pilleniere et Olivier CONSTANTIN, O création Bois - Ebéniste bois brut  aux  Grellières (24310) PRESENTATION DU PROJET L’histoire… A cette étape de la boucle, nous vous parlerons du Carnaval des Soufflaculs de Nontron, célébré chaque année pour le mardi gras. Il est reconnu comme l'un des plus célèbres de ce type en France. L'atmosphère y est pleine d'insouciance et de joie populaire, revêtant son renversement des conventions sociales. Munis d’un « bufet » (soufflet), vêtus d’un bonnet et d’une chemise blanche, les soufflaculs soufflent mutuellement leurs « derrières » pour en chasser les démons. L'accent est mis sur les flatulences, les bruits gras et l'humour grivois, dans une célébration joyeuse et désinhibée du bas corporel. Ce souffle libérateur, ce vent de transgression souffle sur la fête, rappelant le lien ancestral entre le carnaval et le pouvoir purificateur du vent. Plutôt que de réprimer, on y embrasse avec délectation l'énergie vitale de ces relâchements bruyants, participant à une catharsis collective. Mais laissons plutôt la place à un doux vent plus poétique, car le terme SOUFFLACULS fait aussi référence à l'action du souffle. Les soufflaculs fêtent le passage des saisons, ils actionnent leurs soufflets pour chasser l’hiver et ses démons afin d'accueillir le printemps : c’est le carnaval ! Dans la tradition carnavalesque, le vent et le souffle sont associés à l'inversion des normes, au renversement de l'ordre établi. Ils représentent aussi, le souffle de vie, le renouveau et la renaissance.  Incarnant la symbolique profonde du carnaval, le souffle, le vent, le changement, le passage, le nouveau, occupent une place essentielle dans la création de notre œuvre : « Le souffle du carnaval ». Le projet Nous vous proposons de revisiter le carnaval des SOUFFLACULS de Nontron à travers un totem mobile et interactif, réagissant au vent et aux passants.  Ce totem sculpté présente des formes rondes et généreuses, évoquant des nuages ou des courbes féminines, faisant écho à la symbolique de la procréation et du renouveau printanier. Taillé dans un bois de châtaignier mesurant 250 cm de haut et 40 cm de diamètre, le totem accueille sur sa partie supérieure une branche d’environ 300 cm de long et 12/15 cm de diamètre à sa base. Celle-ci est maintenue en équilibre, fixée sur un axe vertical, rappelant la symbolique de l'arbre, ancré dans le rythme des saisons et soumis au mouvement du vent. En contrepoids, à l’opposé des branches ramifiées, une plaque métallique représentant un masque de carnaval rond est suspendue. Sa forme ronde, fait à la fois référence à la lune, qui rythme le cycle des saisons, et à l'emoji, offrant une lecture plus contemporaine. Ce masque, arborant un visage à l'expression à la fois triste et souriante, symbolise la capacité de chasser les mauvaises énergies de l’hiver. Cette ambivalence expressive du masque évoque la dualité inhérente à la nature humaine, entre joie et tristesse, lumière et ombre. Comme le carnaval lui-même, le masque permet de donner libre cours à cette part d'ombre tout en célébrant ce nouveau cycle. Suspendu en équilibre, le masque métallique oscille doucement au gré du vent.  A l’image d’un moulin à prière, ce grand mât, dressé vers le ciel, tourne sur son axe, lorsqu’il est activé par le passage des visiteurs. Ce mouvement évoque une danse implorant le printemps, permettant alors la naissance des feuilles et l’accomplissement du cycle de l’arbre. L’équilibre et l’harmonie des forces permettent à l’ensemble de rester stable.

bottom of page